Autres informations et services officiels: www.belgium.be

Saison de football 2011-2012 : Diminution des faits de violence et plus aucune confrontation entre hooligans en première division

13/07/2012

Maintenant que l’Euro 2012 est terminé et que tous les clubs de première division ont repris les entraînements en vue de la nouvelle saison, la Vice-Première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet, communique aujourd’hui les chiffres relatifs à la sécurité en première division de football la saison dernière.  Les chiffres concernant l’application de la loi football durant la saison 2011-2012 sont eux aussi déjà connus.
 

1. Les faits

 

  • Lors des incidents enregistrés, la catégorie des actes de violence était de 124 unités pour la saison 2009-2010 et est passée de 94 incidents pour la saison 2010-2011 à 93 incidents au cours de la saison écoulée. Ici encore, il s’agit dans la plupart des cas de violence individuelle et isolée dans le stade, souvent entre supporters de la même équipe, et il s’agit de 18 cas à peine de violence en groupe impliquant plus de 10 personnes (il s’agissait de 19 cas la saison précédente).

 
"Aucune confrontation n’a eu lieu cette saison entre noyaux durs lors des matchs de première division, ce qui constitue un fait unique depuis le lancement de la comptabilisation au début des années 90  », indique la ministre.  Les incidents les plus graves ont eu lieu en marge des matchs OHL-Beerschot (le noyau dur du Beerschot à l’encontre de passants dans le centre-ville de Louvain) et Lokeren- FC Bruges (le noyau dur de Lokeren contre la police). Certains groupes de supporters se sont également confrontés individuellement ou en groupe, à la police, lors de quelques autres matchs, cependant beaucoup moins que durant les saisons précédentes. « En outre, dans pratiquement tous les cas, les fauteurs de troubles ont été verbalisés et sanctionnés rapidement sur la base de la loi football », précise la ministre.
 

  • Au cours de la saison écoulée, des incidents ont été enregistrés à l’occasion de 60,6 % des matchs en 1ère division. Il s’agit de 450 incidents comparativement à 353 la saison précédente.  Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’incidents mineurs et isolés comme l'escalade des clôtures, le jet de gobelets de bière et de pièces de monnaie, de la violence verbale et l’usage de fumigènes. L'augmentation est liée à la professionnalisation accrue des moyens de récolte de preuves, entre autres, par l’augmentation de l’utilisation de caméras et par l’investissement en effectif policier orienté vers la qualité (moins mais mieux).

 
 

2. Les sanctions

 
La politique de sanction immédiate qui est maintenant utilisée depuis une dizaine d’années déjà, produit ses fruits. En ce qui concerne par exemple le match OHL-Beerschot, presque tous les émeutiers ont été identifiés et sanctionnés, ce qui conduit à un total cumulé de 8000 euros d'amende et de 16 ans d’interdiction de stade. Selon la ministre, cette politique de la sanction immédiate explique également la recherche de solutions face à d’autres phénomènes de violence rencontrés chez les jeunes par analogie avec la lutte menée contre la violence liée au football.
 
La loi football prévoit des sanctions rapides (dans les 6 mois à dater de l’infraction) et sévères (de 250 à 5.000 euros d’amende et/ou une interdiction de stade de 3 mois à 5 ans) pour garantir la sécurité lors des matchs de football. La sanction la plus élevée imposée durant la saison 2011-2012, consiste en une interdiction de stade de 36 mois et une amende de 3.000 euros.
 
Au cours de la saison 2011-2012, 928 interdictions de stade ont été imposées, et un total de 365.475 euros d’amende a été infligé aux fauteurs de troubles, alors que 400 dossiers sont encore en cours. Il y a actuellement 680 interdictions de stade en cours, presque toutes imposées par la Cellule football du SPF Intérieur sur la base de la loi football, ce qui, selon la ministre, met en évidence la grande importance de cette loi.
 
 

3. Les effectifs policiers

 
Grâce à la sécurisation croissante des stades, l’effectif policier a atteint la saison dernière en première division son niveau historique le plus bas. Un total de 20.597 policiers est à mentionner. Il s'agit quasiment d’une réduction de moitié par rapport à la saison 2003-2004 et du niveau d’effectif le plus bas depuis le début de la collecte des données statistiques. En moyenne, 68 policiers ont été mobilisés par rencontre, en comparaison à la moyenne de 76 la saison précédente.  La tendance de ces dernières années est claire. "Je pense que nous sommes dans ce domaine un des meilleurs élèves d’Europe", indique la ministre. Toutefois, elle considère que des progrès sont encore possibles dans certaines villes et pour certaines rencontres. "Cela ne veut pas dire qu’il faut mettre en place le moins de policiers possible  lors d’un match, mais bien un effectif policier correspondant qualitativement aux risques existants ». Les chiffres démontrent d’ailleurs clairement que la diminution de l’effectif policier ne signifie pas plus de violence, au contraire.
 
Le raisonnement de l’Intérieur est le suivant : « Plus une mauvaise conduite est appréhendée directement, moins il y a de risque de voir se développer de sérieux incidents dus à la violence, et moins il sera nécessaire de déployer des forces de police ».
 
Joëlle Milquet appelle à la vigilance et à la prudence. Le hooliganisme n’est pas mort mais il est bien maîtrisé dans et autour des stades grâce aux efforts accomplis par tous les partenaires concernés. Il y a encore des rendez-vous planifiés, moins qu’autrefois, et ceux-ci ont lieu le plus souvent loin du stade ou même hors du contexte du match. Les hooligans semblent choisir de mieux en mieux leurs moments, planifient leurs rendez-vous via GSM et essayent même d’échapper à la vigilance policière lors des rencontres, ou se rendent à l’étranger. Le travail des spotters et la collecte d’informations deviennent pour cette raison de plus en plus importants.
 

 
 

Saison de football 2011-2012 : Diminution des faits de violence et plus aucune confrontation entre hooligans en première division
  • Tweet